Pubcon Las Vegas 2014 : Comment se relever d’une pénalité manuelle de Google

Vous remarquez une baisse de trafic importante sur votre site web depuis quelque temps? Vous êtes peut-être victime d’une pénalité manuelle de Google. Inutile de paniquer, vous pouvez fort probablement vous en sortir, moyennant un peu de travail. J’ai eu la chance d’assister à la Pubcon 2014 à Las Vegas la semaine dernière (merci Natifs!), un des plus gros rassemblements de marketing internet au monde. La première conférence à laquelle j’ai assisté s’intitule simplement « Google Penalty Recovery » et donne de précieux conseils pour se relever presque indemne (dans la majorité des cas) d’une pénalité manuelle. Voici ce que j’en ai retiré!

Un panel expérimenté

Panel Pubcon 2014 google penalty

Trois panellistes, trois visions qui se rejoignent

Ayant à composer de manière récurrente avec des pénalités manuelles, les trois membres du panel, à savoir Gareth Hoyle (cofondateur et CEO de LinkRisk), Shahid Awan (chef du département SEO à Wimdu) et Marie Haynes (propriétaire de HIS Web Marketing), avaient toute l’expérience et les connaissances nécessaires pour donner une conférence riche en information. Ce fut indéniablement le cas, comme en témoigne la quantité importante de notes que j’ai prises pendant la conférence, d’une durée d’une heure environ.

Identifier la nature de la baisse de trafic

Une pénalité manuelle n’est pas la seule cause possible d’une baisse de trafic. Il pourrait également s’agir d’une pénalité algorithmique. Pour en avoir le cœur net, commencez par consulter votre compte Google Webmaster Tools, plus particulièrement l’onglet « Actions manuelles » dans « Trafic de recherche » tel qu’illustré ci-dessous.

Google Webmaster Tools

Voici ce à quoi ressemble une alerte d’action manuelle dans Google Webmaster Tools:

Google webmaster tools

Si aucune action manuelle n’y est répertoriée, il y a de fortes chances que vous soyez victime d’une mise à jour d’algorithme. Pour en être bien certain, consultez vos données analytiques et trouvez la date précise de la chute de trafic. Vérifiez ensuite si cette date coïncide avec une mise à jour de l’algorithme par Google. Pour ce faire, vous pouvez consulter la liste détaillée fournie par MOZ ici : http://moz.com/google-algorithm-change

Si vous n’arrivez toujours pas à « mettre le doigt sur le bobo », il peut s’agir d’un bête problème on-site, tel que l’activation par mégarde d’une balise Meta noindex. Vérifiez si l’ensemble de votre domaine est affecté, ou s’il s’agit plutôt d’une page en particulier.

Revenons à la pénalité manuelle. Même si vous avez toujours suivi les lignes de conduite de Google et n’avez jamais eu recours à des tactiques dites « Black Hat », n’appuyez pas sur le bouton « Request a review » sans avoir apporté les modifications nécessaires à votre site.

Les raisons derrière une pénalité manuelle

Avant de sauter aux conclusions, il est essentiel de bien comprendre ce qui peut engendrer une pénalité manuelle de la part de Google. Les raisons sont nombreuses et se traduisent comme ceci :

  • Ancre de lien suroptimisée
  • Trop de liens de sources de faible qualité
  • Trop de liens de sources non reliées
  • Achat de liens / Participation à un « complot de liens »
  • Utilisation de tactiques On-Page manipulatrices
  • Suroptimisation des mots-clés On-Site
  • Contenu à faible valeur / dupliqué / mince
  • Surcharge de publicités
  • Peu d’engagement des visiteurs / Haut taux de rebond
  • Spam de liens
  • Site « hacké »

Bien qu’évasive et généraliste, la description fournie dans Google Webmaster Tools donne habituellement une bonne idée du problème. La plupart du temps, il s’agit d’un trouble au niveau des liens entrants vers votre site. Dans un tel cas, voici la marche à suivre pour faire une demande de reconsidération fructueuse à Google.

La récolte de données

La première étape pour faire une demande de reconsidération à Google est la récolte de données. Vous devez sortir une liste de tous les liens qui pointent vers votre site. Pour ce faire, vous pouvez utiliser de nombreux outils, incluant Majectic SEO, Open Site Explorer, Google Webmaster Tools ou ahrefs, pour ne nommer que ceux-là. Notez qu’il est recommandé de faire des scans avec plusieurs outils différents puisque certains oublient des liens derrière. Par exemple, selon Marie Haynes, Open Site Explorer se concentre principalement sur les liens de haute qualité et peut oublier de répertorier certains liens néfastes. Comme le but de l’exercice est justement de répertorier ces liens néfastes, il est préférable de compléter la récolte avec au moins un autre outil.

L’analyse et le tri des données recueillies

À partir de cette étape, il est important de prendre note de tout ce que vous faites, idéalement avec Google Docs (parfait pour partager rapidement au besoin). Vous pouvez exclure de votre analyse les liens en « no-follow » et les liens en provenance de sites qui pointent vers à peu près tout le monde (les Pages Jaunes par exemple). Vérifiez particulièrement les points suivants :

  • Pourcentage de liens avec un texte d’ancrage sur mot-clé (cette portion de votre portfolio de liens devrait représenter entre 5 et 15% de la totalité de vos liens entrants)
  • Positionnement géographique des liens et langue (les spams viennent souvent de sites hébergés dans d’autres pays)
  • Sites désindexés (il y a une raison derrière cette désindexation, Google ne doit pas apprécier particulièrement ces sites)
  • Répertoires de sites (les répertoires de sites peuvent paraître « spammy » aux yeux de Google, certaines exceptions s’appliquent cependant)

Vous pouvez classer vos liens dans 3 catégories différentes : Bons, Risqués et Mauvais. Dans la catégorie « Bons », groupez les liens en provenance de sources sures. Les liens assurément néfastes devraient être placés dans la catégorie « Mauvais ». Finalement, si vous avez un doute sur la pertinence d’un lien, placez-le dans la catégorie « Risqués ». Notez que certains outils tels que LinkRisk et Remove’em peuvent effectuer ce travail de classement pour vous en quelques secondes. Si vous êtes responsables de plusieurs sites web, considérez payer pour de tels outils, vous sauverez ainsi beaucoup de temps.

Interface Outil LinkRisk

L’outil LinkRisk est très intuitif et peut vous faire sauver beaucoup de temps

Ensuite, analysez un par un les liens que vous avez classés dans la catégorie « Risqués » en vous posant les questions suivantes :

  • Est-ce que le lien ajoute de la valeur pour l’utilisateur?
  • Est-ce que les mots utilisés pour l’ancre de lien sont pertinents dans le contexte de la page?
  • Est-ce que le site qui fait le lien est indexé par Google?
  • Est-ce que le lien est visible sur la page (non dissimulé)?
  • Est-ce que le site qui fait le lien est « propre » et dénué de toute forme de « hack » ou spam?
  • Est-ce que le site qui fait le lien est riche en contenu et non pas un simple répertoire de liens?

Si vous répondez non à une seule de ces questions, il est préférable de ne pas prendre de chance et de classer le lien comme mauvais.

La récolte des informations de contact

Comme vous devrez contacter les webmestres des différents sites que vous avez classés dans la catégorie « Mauvais », vous devez trouver leurs informations de contact sur leurs sites respectifs. Pour ce faire, cherchez la fameuse section « Contactez-nous » ou « Nous joindre ». Il est possible que la seule manière de contacter un webmestre soit via un formulaire. Certains sites n’ont tout simplement pas d’informations de contact, et c’est souvent le cas pour les sites web de mauvaise qualité. Prenez bien note de ces sites, vous en aurez besoin plus tard quand viendra le temps d’utiliser l’outil de désavouement.

Important : évitez d’utiliser un logiciel qui recueille automatiquement les informations de contact. Selon David Klein, un autre conférencier rencontré plus tard dans la semaine, l’utilisation de tels programmes est un crime passible d’emprisonnement. Il s’agit d’une loi bien réelle aux États-Unis, le CAN-SPAM Act of 2003, mais également au Canada, tel que stipulé dans la Loi canadienne anti-pourriel adoptée en décembre 2010.

Le retrait des liens mauvais/suspects

Google est clair : vous devez tout faire ce qui est en votre pouvoir pour faire retirer les liens considérés nuisibles avant de les désavouer. L’outil de désavouement n’est qu’une mesure de dernier recours, et vous devriez l’utiliser comme tel. Si vous souhaitez que votre demande de reconsidération soit acceptée, vous devrez fournir des traces de vos efforts à Google. C’est pourquoi il est primordial de bien noter ce que vous faites (idéalement avec Google Docs pour un partage facile avec un employé de Google au besoin).

Outil de désavouement

Google est clair : N’utilisez l’outil de désavouement qu’en dernier recours

Personne n’aime se faire dire que son site est nuisible et de mauvaise qualité. C’est pourquoi vous devez mettre vos gants blancs lorsque vous contactez un webmestre. Soyez tout de même honnête dans votre demande, mais allez-y en douceur. Voici un exemple de courriel que vous pouvez utiliser pour une demande de retrait de lien :

Bonjour,

Je suis webmestre pour le site [mon site.com] et nous avons récemment été victimes d’une pénalité manuelle de Google. Pour espérer retrouver notre positionnement précédent, nous devons faire un ménage majeur dans notre portefeuille de liens.

En faisant quelques recherches, j’ai remarqué que vous faites un lien vers notre site sur cette page : [URL de la page sur laquelle se trouve le lien néfaste]. Serait-il possible pour vous de retirer ce lien? Bien qu’il soit fort possible que votre lien ne soit pas nuisible pour nous, nous préférons ne pas prendre de chance et le retirer pour augmenter nos chances d’être reconsidéré positivement par Google.

Merci de bien vouloir me contacter par courriel ([votre adresse courriel]) ou par téléphone ([votre numéro de téléphone]) pour me faire savoir si c’est une possibilité, ou si vous avez des questions.

Merci beaucoup pour votre collaboration,

[votre signature]

Le panelliste Gareth Hoyle était clair sur plusieurs points en ce qui a trait au contact des webmestres :

  • Allouez au moins 2 semaines avant de recontacter un webmestre pour une seconde fois
  • Personnalisez autant que possible vos courriels pour que le webmestre n’ait pas l’impression d’être contacté par un robot (soyez humain!)
  • Ne menacez pas le webmestre de l’éventuelle utilisation de l’outil de désavouement
  • Envoyez un maximum de 3 courriels sur une période d’un mois et demi
  • Notez chaque étape avec Google Docs pour justifier facilement votre demande de reconsidération à Google

Selon Shadid Awan, environ 50% des webmestres devraient vous répondre éventuellement. Certains webmestres peuvent vous demander un montant d’argent en échange du retrait d’un lien. Sauf si vous avez un large budget et souhaitez sauver du temps, vous ne devriez pas succomber à une telle demande. Notez cette requête de paiement dans votre fichier Google Docs et placez ce site dans votre liste de liens à désavouer.

Le désavouement des liens restants

Les liens nuisibles restants devront être désavoués. Annoncé en octobre 2012, l’outil de désavouement est maintenant incontournable pour se relever des attaques « Black Hat ». Pour ce faire, vous devrez remplir un fichier de désavouement. Voici ce à quoi ressemble un tel fichier :

Fichier de désavouement

Important : Désavouez toujours les liens au niveau du domaine plutôt que de la page. Par exemple, si le lien nuisible de trouve à l’URL www.sonsite.com/page1, vous devriez désavouer complètement le domaine sonsite.com. Inscrivez vos notes après un dièse (#) pour expliquer vos démarches et vos tentatives de contact.

Vous pouvez maintenant téléverser votre fichier texte dans la section prévue à cet effet dans Google Webmaster Tools. Notez bien que si vous effacez des noms de domaine de cette liste dans le futur, les liens de ces domaines seront de nouveau considérés par Google…

La demande de reconsidération

Le moment tant attendu est arrivé, vous pouvez maintenant remplir et envoyer votre demande de reconsidération. Soyez spécifique et honnête dans votre demande. Si vous avez utilisé par le passé des techniques d’acquisition de liens douteuses, confessez tout. N’oubliez jamais que vous contactez un employé de Google, un humain bien réel. Prenez la responsabilité de la pénalité sur vos épaules et expliquez que vous ferez tout en votre pouvoir pour éviter qu’une telle situation se produise à nouveau. Vous pouvez également résumer vos démarches pour retirer les liens nuisibles et proposer à l’employé de Google de lui partager vos notes. Mentionnez également votre fichier disavow.txt juste pour être sûr. Surtout, soyez clair et ne prenez pas Google pour un imbécile. Envoyez ensuite la demande.

Il ne vous reste plus qu’à attendre. Le délai de réponse est variable et peut être d’une durée de quelques heures jusqu’à 2-3 mois. Si vous obtenez une réponse positive, félicitations, votre pénalité a été levée! Si toutefois vous obtenez une réponse négative, ne vous découragez pas. Décortiquez bien le courriel de réponse de Google et retournez à l’analyse de votre portefeuille de liens. Selon l’ensemble des panélistes, certaines pénalités requièrent plusieurs demandent de reconsidération.

Le suivi post-reconsidération

Il est préférable de prévenir plutôt que de guérir. Une fois votre pénalité manuelle levée, prenez l’habitude de faire une veille hebdomadaire ou bimensuelle de votre portefeuille de liens. Vous pourrez ainsi retirer ou désavouer les mauvais liens au fur et à mesure.

De plus, même si Google lève votre pénalité manuelle, cela ne signifie pas que vous retrouverez nécessairement votre classement précédent du jour au lendemain. Comme l’illustre avec humour Gareth Hoyle : « Si vous trompez votre femme, il se peut qu’elle vous pardonne et vous reprenne, mais pas nécessairement avec le même niveau de confiance qu’auparavant! »

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Auteur: Jean-Philippe Bouchard

http://www.natifs.ca

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